Histoire de la commune

Les premiers vestiges historiques, trouvés à Plouedern, remontent à l'époque romaine : Tuiles, tumulus, poteries, mottes. Il est probable qu'auparavant, les Celtes aient habités notre commune, mais ils n'ont laissé aucune trace de leur passage. Les Romains occupèrent l'Armorique. Vers 57-56 avant Jésus-Christ, ils construisirent des routes et Landerneau se trouva sur celle de Carhaix à Brest.
Cette voie romaine longeait l'actuelle commune par le Sud.

Aux alentours de 460, arrivèrent les premiers Bretons, conduits par leurs évêques ou abbés : Saint Brieuc, Saint Tual et Saint Edern.
Venant des iles Britanniques et fuyant l'invasion des Saxons, ils se réfugièrent en Armorique et formèrent de nombreux "Plou" ou paroisse.

La légende rapporte que le Duc de Bretagne, accompagné de sa suite, se rendait un jour de Cornouaille en Léon, lorsqu'il s'égara dans la forêt de Coat-ar-Roc'h, où était l'ermitage de Saint Edern.
Un écuyer pénétra dans cet ermitage et furieux de ce que le saint, en extase, ne répondait pas à ses questions, il le soufleta. A l'instant même, le Duc et tous ses gens furent frappés de cécité. Le Duc se fit conduire près du saint et lui demanda pardon.
Edern lui pardonna et l'engagea à continuer sa route en lui promettant qu'il recouvrerait la vue sans tarder. Cela n'arriva que lorsque le Duc eût quitté la Cornouaille et pénétré dans le Léon. A l'endroit où la guérison s'accomplit, le Duc fonda l'Eglise qui prit ensuite le nom de Plouédern.

La vérité est moins romancée. Il semble que la paroisse ait été fondée par un moine irlandais venu s'établir dans la région avec sa colonie bretonne. Il lui aurait donné le nom de Plou (paroisse) auquel il aurait accolé celui d'Edern, moine vivant dans un ermitage de la forêt de Coat-ar-Roc'h, dont la popularité était déjà grande.

Aux IXè et Xè siècle, les Normands, Danois et Norvégiens ravagèrent le Léon, Landereau et Lesneven furent pillées et Plouédern, située entre ces deux communes, dût recevoir ces pirates et subir leurs méfaits.
Il semble également que Plouédern ait connue les moines rouges, c'est-à-dire les Templiers. Ceux-ci bâtirent d'ailleurs, à Landerneau, au XIIIè siècle, un Prieuré de leur ordre et l'église de la Fontaine Blanche, détruite par la Révolution.

L'église actuelle de Plouédern est située à 4km au nord du pont de Landerneau et s'élève au sommet d'un coteau. Elle est inscrite à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.
Il reste encore quelques vestiges des seigneuries d'antan : les Granges, les manoirs du Chef-du-Bois, de Pénaros, de Trévian et de Kéréléoc (toujours debout) ainsi que le château de Kergoat.

Le 2 décembre 1791, le recteur de Plouédern et son collègue de Plounéventer, qui refusaient de prêter le serment à la Constitution Civile du Clergé, quittèrent la commune pour éviter leur internement et réussirent à gagner l'Angleterre.
La fin du XIXè siècle, fut marqué par la création du Chemin de fer Landerneau-Brignogan, aujourd'hui disparu.
Plouédern cessa, dès le début du XXè siècle, d'être une commune purement rurale et quelques uns de ses habitants commencèrent à travailler à la briquetterie et dans diverses entreprises de Landerneau.
Des quartiers ouvriers virent le jour dans le sud de la commune : Traon Elorn, le Tromeur, Pénaros, Kergoat, Kerhamon, Kérédern et le Forestic


PLOUEDERN IL Y A 35 ANS :



Quelques rappels et photos de cette époque où 1653 personnes habitaient la commune.

En 1966 on comptait :
32 naissances
10 Mariages
20 décès.
148 exploitations agricoles.

plusieurs commerces étaient installés sur la commune :
1 café boucherie
1 café tabac
4 cafés (simples)
1 quincaillerie électricité
1 marchand beurre/oeufs
2 cafés alimentations
1 café produits agricoles
1 crêperie
1 glacier

Immeuble ancien. L'ancienne Mairie.

 

Le baptistère et l'Autel St Yves détruits lors de l'incendie du 24.05.1974.

Dans les années 1960 quatres écoles sont encore sur la commune :
2 publiques et 2 privées.

En 1967:
l'école publique des filles est désaffectée et celle des garçons, fermée.
Quand aux écoles privées elles accueilles 75 élèves pour celle des garçons et 100 pour l'école privée des filles.

L'école privée des filles L'école privée des garçon

 

les deux écoles publiques fermées


Il n'y avait ni médecin ni pharmacie sur la commune.

Vue du château de Kergoat de l'époque. Lotissement de Kergoat.



DEMOGRAPHIE :

1906 : 1553 personnes.
1911 : 1657 personnes.
1921 : 1650 personnes.
1926 : 1704 personnes.
1931 : 1721 personnes. 1936 : 1667 personnes.
1946 : 1775 personnes.
1954 : 1722 personnes.
1962 : 1653 personnes.
1968 : 1814 personnes. 1975 : 2252 personnes.
1982 : 2586 personnes.
1990 : 2546 personnes.
1999 : 2620 personnes.

NOMS DE HAMEAUX (environ 90) :





B - C - G - J - K - L - M - P - Q - R - S - T (sélectionner la première lettre du hameau désiré)

Cette étude de la toponymie ploudernéenne a été réalisée par M. le Chanoine François FALCH'UN, de Dirinon, en septembre 1993.

Beauregard : autrefois et en breton : Beregat ; ce nom devrait être au départ un nom pluriel "Berreged", signifiant ordinairement des "bécasseaux" qui étaient sans doute nombreux en ce lieu, dans certains endroits, "berreg" désigne le roitelet. Un ancien de Plouédern pourra peut-être dire le choix à faire entre les deux oiseaux. Le nom "Berrege", sans doute oublié, a été remplacé et francisé, par l'insipide Beauregard (beau point de vue), le paysage étant effectivement un beau site.
Beg Avel : pointe du vent, la pointe venteuse (voir Kervéléoc) : un lieu très exposé au vent. Y avait-il un moulin à vent ?
Boloré : combinaison de "Bod" : touffe et "Lore" : laurier. Une touffe de lauriers dû inspirer ce nom, avec une assimilation du "D" de bod par le "L" de lore, la prononciation doit être "bollore", avec un "L" fort.
Camblanc : composé de "kamm" : en courbe et "lann" au sens ancien de rive. Le "B" furtif surgit dans la prononciation forte de "kamm - lann". Le "C" final est le résultat d'une francisation maladroite du nom breton pris pour l'adjectif français blanc.
Campaol : (CAN PAOL) "Kan Paol": de "Kan", le ruisseau et du nom propre "Paol" : le ruisseau de Paul.
Clézéver : de "Kleu", le talus et "evor ou ivor", la bourdaine : le talus abondant en bourdaines. La bourdaine est un arbuste à l'écorce tachetée, très recherché pour tresser le "bouteg", panier à deux poignées.
Clos Névez : "klos" : enclos. Le nouvel enclos.
Coat Lespel Bihan : "koad" : bois, "bihan" : petit, "braz" : grand, pour désigner deux fermes par comparaison des surfaces.
"Lespel" : est-ce un nom composé de "lez" au sens ancien de "lieu" et de l'adjectif "pell" signifiant "éloigné"? Le sens serait alors : "bois du lieu éloigné" (de la cour éloignée).
Autre hypothèse : le mot "lespel" est-il une transformation de "mesper" : néflier (remplacement de la liquide "r" par la liquide "l"). Mais il existe un autre hameau, nommé Coat Mesper au nord de Coat Lespel...
Coat Lespel Bras : manoir ancien, ce qui permet de pencher pour la première hypothèse.
Coat Mesper : le bois des néfliers. La proximité avec Coat Lespel pourrait faire penser à la trilogie classique : un nom à l'absolu (Coat Mesper) et deux lieux, petit et grand dans le voisinage et construit postérieurement au hameau primitif de nom simple.
Créchalliou : "kreac'h al liou" : la montée des veaux (comparer avec les Keraliou, Clozaliou répandus partout).
Crébinec : de "krepin" : lieu dénudé, tronc émondé, avec la terminaison "-ec" (souvent "-oc" en léon) marquant qu'il y a abondance de la réalité désignée par le nom. La présence du suffixe inclinerait à opter pour un territoire où l'on taillait les arbres en têtards pour en faire du bois à fagots. Ancien manoir.
Crésigou : de "kreac'h" : les petites montées, ou bien de "krez" : la toile de lin, ce serait le lieu où l'on fabrique de petites pièces de lin ?
Guernevez : "ker" : guer et "nevez" : nouveau, neuf. La maison ou le hameau neuf... Autrefois !
Justiçou : le lieu des supplices pour le château fort de Roc'h Morvan. Potence à quatre pilliers de pierre sur la colline face au château où étaient éxécutées les décisions de justice de la cour seigneuriale. On peut voir de telles potences au château de Kerjean.
Kera(n)floc'h : la maison du nommé Floc'h ou le hameau du page (du seigneur de la Roche Maurice ?). La forme "ker-an-floc'h" est plus ancienne.
Kérandidic : "ker an didig" : le lieu du caprice. Du diminutif de "tid, tidig", le petit caprice. A moins qu'il ne s'agisse d'un nom propre venu d'un surnom : "la petite capricieuse" ?
Keranfanc : "ker ar fanc" : le lieu boueux, sale. Un hameau situé dans un terrain très humide. L'orthographe "keranfranc" semble être une francisation abusive du mot.
Keranfessan : "ker an fesan" : fesant : faisan. Le lieu où abondent les faisants. La prononciation actuelle "kerafessoun" semble être une corruption.
Kérautret : "ker Autret", la maison du dénommé Autret.
Kéravéloc : "ker avel-oc" : maison, lieu exposé au vent. Le village de Bégavel est tout proche, les deux villages sont situés à l'extrémité du plateau (cote 100 et plus) qui domine Plouédern.
Keravezan : "bras, bihan" : le lieu du ou des faisants. Autre transcription (erronée) de "ker ar fesan". Ces deux noms forment une trilogie classique avec kerafessan ci-dessus.
Kerdigner : est-ce "ker Digner", nom propre ou un pluriel déformé de "kerdinier", de "kerdin", pluriel de "kordenn" : corde (prononcé "mouillé" parfois dans le Léon : kerdign) + la terminaison de métier : "le fabricant de cordes"?.
Kerdilès : village de "Dilès" ou lieu abandonné, solitude ou lieu planté de peupliers ou d'ormes (tillez--dillez). Nom de lieu devenu un nom propre de famille.
Kérécun : de "kere" : cordonnier, travailleur de cuir et "kun ou koun" : chien en breton ancien. Bourrelier, couturier ou travailleur de cuir de chien (ar c'here koun). Ce pourrait être "ker Ecun" ou "Icun" (nom propre inconnu ailleurs).
Kérédern : la maison ou le village de Edern (nom propre de famille).
Kergabel : "ker kabe"l (nom propre), "kabel" signifie aussi "chapeau" et entre en composition pour donner "kabel touseg" : champignon et "kabelleg" désigne l'alouette huppée ou le courlis. Le penchant de nos aïeux à désigner leurs hameaux ou leurs terres par des noms de bêtes ou d'oiseaux rendrait cette signification tentante. "le lieu où il y a des alouettes huppées ou des courlis, ou, peut-être des champignons. Il se pourrait aussi qu'un bâtisseur imaginatif, considérant que sa maison étant située à l'extrême nord de la commune, ait voulu lui faire porter le nom de "châpeau" de ce territoire... "Gabe"l est aussi un diminutif pour un prénom.
Kergamet : "ker kamet" (nom propre). Plus probablement "ker gammet" (de "kamm" : courbe : la maison bâtie en ligne brisée. A Bourg blanc il existe un hameau analogue : Kergamoc, la terminaison -oc, équivalente de -ec, fréquent, disant : "qui possède", ici une courbe ou une ligne brisée.
Kergoat : de "ke"r : maison et "koat" : bois, "la maison de bois" ou du nommé Coat. Manoir (château) du XVIIè siècle.
Kergornec Bras, Bihan, Névez : La maison de Cornec, la plus grande, la plus petite, la nouvelle, la neuve. Le nom, fixé pour une première construction, a été conservé pour les deux voisines... où il n'y avait sans doute pas de Cornec ! Mais le nom était là.
Kergosiant : la maison du dénommé Cozian (Cozien). Ce nom de famille était très fréquent. La finale "t"est superfétatoire en breton, pour un français, il facilite l'articulation du "n" final, pour donner le son nasillé breton (comme Cozian(e)).
Kerhamon : de "ker hamon", nom propre : la maison du dénommé Hamon.
Keriel : "ker yel"l, c'est vraisemblablement : lieu où il y a de l'épeautre, variété de blé, nom pris à un aspect de la végétation locale, comme c'est fréquent. Prononcé avec la diphtongue "iel" portant l'accent tonique, c'est ker-iel (et non ker-i-el, ni keriel, avec l'accent sur ker).
Kériléoc : ancien cadastre, nord de la commune, composé de "ker illo oc" ;" ilio", souvent prononcé" illo" dans le Léon, c'est "le lierre", "-oc", terminaison léonarde (ailleurs -ec) exprime la présence de la réalité dite par le nom précédent. Kérileoc est donc "l'endroit où le lierre abonde".
Kérilis : de "ker iliz", la maison de l'église ou à côté de l'église ou propriété de l'église.
Kerléo : de "ker (G)léo", la maison de Gléo (Gléau), nom ancien très répandu signifiant "vaillant, courageux". "Gleau", au contact de "ker" a subit la mutation du "g" en "c'h"-- "ker c'hleau" puis l'aspiration médiane est tombée, ne gardant pour le village que le nom de "ker-Léau" (Gourvil, n°1018)**.
"Leo" signifie "lieue", à quoi ferait référence ce sens ; "maison à une lieue de ...".
Kerloret : "loret ou lored" : participe d'un verbe "lo(v)raad" signifiant donner la lèpre ou salir, "lo(v)r, loret" : lépreux. S'agit-il d'une ferme dans un lieu sale (rivale de ker an fanc) ou d'une maison où devaient se retirer les lèpreux, non loin de l'agglomération.
Peut-être est-ce simplement ker Loret, la maison du dénommé Loret (nom propre).
Kérolland : "ker Rolland", la maison de Rolland (nom du bâtisseur).
Keruguel : "ker Krugell", avec la mutation normale du "k" en "c'h" au début de "krugell", puis chute de l'aspiration "c'h" et fusion de "r" final de "ker" et du "r" initial de "rugell". "Krugell" signifie : le tertre (fortifié) et "ker ruguell" est donc : la maison auprès du tertre.
Kervéléoc : est-ce "ker meleoc" : le lieu où il y a un rucher ou du miel (mel) ? Mais le "e" de "eoc" est gênant dans la terminaison. On aurait dû avoir "meloc ou melec" comme il y a "Creac'h meloc" à la Roche. La mutation du "v" en "m" est normale en breton.
Mais n'est-ce pas plutôt la corruption d'un "ker Jeleoc", Jeleoc étant un nom muté de "Cheleog", nom propre de famille existant encore à Ploudaniel, Plouvien etc... Ce serait alors : la maison de Géléoc.
Quand à "cheleog", c'est encore un nom d'oiseau habitué des marais, le Pétrel -cul blanc. Ancien manoir.
Kervéret : de "ker bered" avec la mutation normale de "b" en "v" après "ker", c'est : la maison auprès du cimetière.. Cependant, ceci suppose que l'on prononce le premier "e" long et le "r" doux. Car si on prononce le premier "e" bref et le "r" dur, il vaudrait mieux penser à un nom d'origine "ker Merret", le "m" étant muté normalement en "v" à la suite de "ker". Merret est un nom de famille que l'on rencontre encore dans le léon. Alors "ker Veret" serait : la maison de Merret.
Kerviniou Bras, Bihan : nom composé de "ker" et "Miniou", dont le "m" est muté en "v" après "ker" (voir ci-dessus). Miniou étant un nom de famille cela donne : la maison de Miniou.
Cependant Gourvil (n° 1535)** remonte à l'origine de ce nom de famille : miniou est le pluriel d'un nom vieux-breton : "min" signifiant "bord, pointe". Kerviniou serait alors la maison du bord, de la pointe. la topographie ne permet pas de trancher. Kerviniou à la cote 111, domine il est vrai une petite "pointe" formée par deux petites vallées proches.
Keryvon : la maison du Yvon.
L'Ile : en breton "enez" lieu cerné par l'eau, sous différents aspects : rivières, ruisseaux, étangs et même marais...
Goarem goz : de "goarem" : garenne et "koz" : ancien, vieux ; La vielle garenne, qui devait être le nom donné antérieurement au terrain où fut construit la maison.
Langoniant : (sur le vieux cadastre : Langouinant) Le nom de ce hameau dans la carte ancienne (carte de Cassini antérieure à 1789) permet de retrouver l'origine du nom de ce hameau, car la forme actuelle ne correspond à rien. Dans "Langouinant, le "t" final n'a pas d'autre rôle que celui de "Kergosiant" rencontré plus haut. Il reste donc "longouinan" pour "lann gouinan" que l'on écrit maintenant "gwinan" pour marquer le "ou" furtif. Un phénomène d'iotacisme fréquent en breton (une voyelle "i" remplaçant une autre voyelle, ici le "e") a légèrement transformé le "gwenan" en "gwinan". "Gwenan", c'est le nom de : l'abeille et "lann gwenan" est : le lieu où abondent les abeilles. Est-ce un rucher, un essaim qui s'est fixé là ou des abeilles visiteuses en nombre ? Le nom ne l'exprime pas.
Lanhir : de "lann hir" : la longue lande ou le village en longueur. C'est à dire le lieu dans lequel les terres sont disposées en longueur au lieu de s'étaler autour de l'habibation. L'examen de l'exploitation dans le cadastre ou les anciennes "écritures" : ventes, fermages ... le diraient peut-être. Malgré les tentations de la facilité, il ne paraît pas plausible de traduire ce nom par un vulgaire : Les longs ajoncs.
Larlac'h Huella : le nom ancien breton était probablement "an orlac'h". Ce nom se retrouve tel quel pour désigner encore une famille dont l'origine est sans doute à rechercher là : Per ou Yann an Orlac'h, le nom de la maison étant devenu le surnom du patron, comme c'est fréquent encore aujourd'hui, puis le surnom est devenu le nom de famille.
Un scribouillard a francisé le nom en traduisant l'article "an" par "la" élidé en "l" devant la voyelle initiale du nom puis soudé au nom pour donner la forme corrompue "Larlac'h".
"Orlac'h" désigne au départ, le style coudé de cadran solaire, puis le nom de la partie a désigné le tout : c'est donc "le cadran solaire". Un cadran solaire devait être placé sur des bâtiments et sa rareté a provoqué le choix du nom de lieu. On peut signaler que le nom breton "orlac'h" est une forme corrompue de "orlorach", traduction française ancienne du mot : horloge.
Larlac'h Izella : "... izella" : le plus bas.
Le Cann : "kann" signifie : blanc, éclatant. (cf "poul kanna" : le lavoir, où l'on blanchit le linge) et aussi "le combat" (cf "kannou 'zo bet ganto" : ils se sont battus). Mais il est plus probable qu'il s'agisse ici du nom "kan", avec un "a" long et nasalisé, désignant : le ruisseau coulant à cet endroit.
"Kann" signifie aussi : l'homme aux cheveux blancs.
Le Forestic : de "forest" + diminutif : le petit bois, la petite forêt. L'ancien nom français forest a été repris en breton et celui-ci a gardé le "s" remplacé dans le français moderne par l'accent circonflexe. Ancien manoir, aujourd'hui disparu.
Le Guendon : en breton "ar gwen don" (ou doun) = de "gwen" : blanc et "don" ou "doun" : profond. Est-ce : la blanche vallée, le ruisseau profond ? Enigmatique car Guendon est situé sur un des points les plus élevés du plateau de Plouédern.
Le Mézou : pluriel de "mez" : campagne ou champ ouvert. Hameau à l'écart du bourg, dans la campagne.
Le Trapic : le bistrot isolé, (pour buveurs "secrets" surtout).
Le tromeur : "tro" : vallée, "meur" : grand. Grande vallée (équivalent de "traon meur"). Au Tromeur, la vallée de l'Elorn s'élargit.
Léavéan : c'est le nom commun pour désigner un dolmen ou un mégalithe. (le vrai mot est "lia vean").
Les Fougeraies(radenn) : "radennec" en breton : endroit où abondent les fougères.
Les Granges : du breton "granchou" : anciennes dépendances d'un établissement bénédictin. Ancien manoir.
Leslouc'h : formé de "lez" et de "louc'h". "lez" désigne une cour princière, un tribunal "lez varn", un manoir ou tout simplement un lieu. "Louc'h" (qui désigne tel quel "une empreinte"), "le lieu de l'empreinte" est peu vraisemblable.
Mais ici "louc'h" doit être une variante léonarde du nom "loc'h", bien breton, signifiant : l'étang. Leslouc'h serait alors : Le lieu de l'étang", un étang qui a disparu mais qui aurait été l'étang d'un château ? Des mottes féodales ont été mises à jour à Leslouc'h.
Lezeon : de "lez" : lieu, cour et "eon"(eun) : oiseau (nom collectif) : Lieu où il y a des oiseaux.
Mestellan ou Mestelan : de "mez" : la campagne et "tellan" ou "telan" : mot énigmatique. Serait-ce un nom de personne ?
Milin Névez : le moulin neuf (apparaît sur le cadastre de 1827).
Moulin du Tourous : "tourous" serait une corruption de "tarroz" : précipice, escarpement : Le moulin auprès de l'escarpement.
Pen Allen : "penn al len" : le bout de l'étang ... de la griqueterie et/ou de la filature.
Penanrun : à décomposer à première vue en "penn an (ou ar) run" : le bout de la colline (au relief assez prononcé). Mais l'absence de colline et surtout le fait que l'ancienne carte orthographiait "Penanreun" fait plutôt penser à une transcription fautive d'un dénomination ancienne "penn ar c'heun" qui signifie : le bout du marais. Le scribe qui a écrit ce nom ne devait pas comprendre le breton ni le son du milieu " ar c'heun", qui lui apparaissait comme un "r" roulé.
Pénaros : "penn an roz" : le bout, la tête de la colline, moindre relief que "run" ci-dessus.
Penhoat ar Vilin : composé de "penn" : extrémité et de "koat" qui subit la mutation régulière de "k" en "c'h" aspiré = le bois. C'est donc le bout du bois (traduit en français ancien en : Le chef du bois). "Milin" : le moulin, avec la mutation normale de "m" en "v" après l'article, dans ce nom féminin, c'est : Le bout du bois du moulin.
Penhoat Bihan ; Penhoat Bras : ferme plus petite, plus grande. Ancien manoir.
Penhoatarriar : qui se trouve sur l'ancienne carte c'est "penn hoad ar yar" : le bout du bois de la poule.
Penvern : de "penn" : extrémité et "degwern" : marais ou aulnais (avec la mutation de "gw" en "v" après "penn" servant de préfixe. "Gwern" désigne soit un marais, pas trop humide, sans eau stagnante, soit l'aulne, arbre qui affectionne les terres humides. C'est donc : Le bout du Marais ou bien vraisemblablement : le bout (du terrain) où il y a un aulne, une aulnaie. Ancien manoir.
Petit Saint Eloi : près de la chapelle de St Eloi (Sant Alar). Sant Alar est un vieux saint breton qui a été supplanté par saint Eloi, plus connu, sauf dans les prônes des messes où il était invoqué comme protecteur des chevaux, auprès de St Herbot, protecteur des bovins : "Sant Alar ha sant Erbod, pedit evidomp !".
Petit est employé pour différencier cette ferme du hameau de la chapelle Saint Eloi toute proche, lequel était plus important.
Pont ar Bled : ce nom "bled", avec un "d" final articulé, doit être la bretonnisation de l'ancien français "bleds" (avec un "d" non articulé) prononcé "blés". C'était le lieu où était le pont par lequel passait sans doute le blé porté au moulin banal du château de Roc'h Morvan et imposé à tous les habitants des environs : Le pont des blés.
Portalic : sans doute "portal" (pour le portail en français) + le diminutif "-ig". C'est "Le petit portail" qui à dû provoquer le nom de la maison car rares étaient les portails !
Prat Creis : que l'on écrirait maintenant "prad" : le pré et "kreiz" : du milieu. Le pré du milieu ("prad" en léon est un terrain humide, moins productif que la prairie "foenneg"). Il avait-il un "prad tosta" (proche) et un "prad pella" (éloigné) ? Le pré du milieu a donné son nom à la ferme qui y a établi ses bâtiments.
Prat Guen : de "prad" : pré et "gwen" : blanc. Maison bâtie sur le pré d'un dénommé Guen ou, plus probablement, un pré dont le fond du terrain est de l'argile blanche (une telle argile blanche est apparue lors de travaux de terrassements pour l'extension de la laiterie Rolland en août 1993).
Presbytal Coz : de "koz" ancien et "presbytal" presbytère : L'ancien presbytère.
Quinquis Marc : "kenkiz" nom féminin (ar genkiz) désignant une villa, un manoir en Bretagne.Marc est le nom de celui qui fit construire le manoir. Traduit parfois en français par "Ples(s)ix".
Quinquis Meur : le grand (noble) manoir ou la villa d'un dénommé Meur . Si "meur" est un adjectif, selon la règle des mutations, il aurait dû y avoir "kenkiz veur" (mutation "m" en "v" dans les adjectifs après un nom féminin singulier). Découvrir le nom du bâtisseur serait le moyen certain permettant d'opter entre les deux significations.
Roscanvel : "roz cad mael" : la colline de Cad-Maël (d'après Bernard Tanguy dans l'article consacré à la paroisse de Roscanvel, dans son dictionnaire des Paroissses). Mais le lien de Cad-Maël avec Plouédern n'étant pas évident, une autre proposition n'est pas à écarter : celle d'un "roz canval" c'est à dire : la colline du chameau (kañval), deux bosses séparées par un vallon.
Rostéven : de "roz" colline et "tevenn" dune, rivage ou rocheux, élevé, ce dernier sens étant ici le plus adapté : La colline rocheuse ou élevée, par rapport au paysage environnant.
Runhuel : de "run" colline et "uhel" haut : la haute colline. "run" indique une colline plus abrupte que "roz".
Saint Eloi : Sant Alar en breton : village près de la chapelle (commune de ploudaniel).
Stang Balary : "stang" étang : l'étang du nommé Balary.
Traon Elorn : la vallée de l'Elorn.
Traon Menhir : la vallée du menhir (mais où est le menhir ? il a sans doute été débité pour une construction comme souvent. Quelques boules de granit affleurent encore dans la prairie près du ruisseau).
Trévian : "tre" signifie parfois village et "bihan" (bian) petit : Le petit village. "Bian" est devenu "vian" par mutation normale du "b" en "v". De ce village est issu le nom de famille Trévien (noble).
Peut-être aussi ce "tre" est-il une forme corrompue de "tro" au sens de vallée. Il s'agirait alors de : La petite vallée, ce qui convient bien au site. Ancien manoir.
Trévianou : pluriel du précédent. Ce serait donc soit : les petits villages, soit : les petites vallées. Vraisemblablement Trévian existait avant Trévianou et on s'est contenté d'ajouter au nom composé d'origine une terminaison plurielle au lieu de former un pluriel interne ("troiou bihan" ou "treou bihan").
Ty Colo : (s'écrirait maintenant "ti kolo") formé de "ti" maison et de "kolo" paille, c'est donc : La maison couverte de paille, de chaume (la chaumière).
Ty Névez : La maison neuve.

**Gourvil F., Noms de famille bretons d'origine toponymique, Ed. Société archéologique du Finistère, 1979 n°879.

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